10 novembre 2007
Des prévisions de croissance soutenue pour le commerce équitable
Le groupe Xerfi vient de publier une étude, après plusieurs semaines d'enquêtes et d'analyse, sous le titre "Le commerce équitable en France". En 2007, près des deux tiers des Français ont déjà acheté au moins une fois un produit équitable. Et les perspectives sont très favorables pour les années à venir. Le marché s'appuie, en effet, sur une tendance porteuse, le développement de la consommation engagée. Les Français deviennent "Consomm'acteurs", et sont soucieux et conscients de la portée de leurs modes de consommation sur la situation économique, sociale et environnementale de la population mondiale. La consommation engagée recouvre les produits issus de l'agriculture biologique ou raisonnée, des produits équitables provenant de sociétés qui respectent les principes de la Responsabilité Sociale des Entreprises. Le commerce équitable est davantage le fait des catégories sociales élevées. Les femmes sont également plus impliquées. Un effet de rattrapage est toutefois perceptible, gommant peu à peu les clivages culturels et générationnels entre les consommateurs. Aujourd'hui, plus de 80 % des Français ont déjà entendu parler du commerce équitable, contre moins de 10 % en 2000. La France se place donc désormais dans le trio de tête des pays distribuant les produits Max Havelaar. Les ventes se sont établies au niveau record de 166 millions d'euros en 2006, en hausse de près de 40 % sur un an. Cet environnement favorable profite aux filières historiques du mouvement, en particulier l'épicerie sucrée, mais également à de nouveaux segments qui ont pris leur essor, comme le textile à base de coton équitable et les cosmétiques.
Source : Xerfi
29 octobre 2007
Une nouvelle énergie renouvelable
L'énergie osmotique est une nouvelle forme d'énergie propre que la
Norvège s'apprête à développer. Sur les rives du fjord d'Oslo, le groupe
industriel Statkraft est en train de construire la première centrale à eau de
mer du monde. Sans émission de CO2, l'énegie osmotique exploite la différence
de concentration entre l'eau douce et l'eau salée dans un processus
parfaitement naturel, puisqu'il se produit partout où des rivières se jettent
dans la mer.
17 octobre 2007
Les agrocarburants ne sont pas bio
Ca y est ! On commence enfin à changer de vocable. Suite aux parutions
récentes de livres critiques sur « l'or vert », et suite aux
polémiques qui ont suivi, remettant en cause le bien-fondé de l'intérêt
croissant porté aux agrocarburants, le mot « biocaburant » commence à être remplacé par
« agrocarburant ». A juste titre, car ces
agrocarburants n'ont rien de bio (ou si peu). Alors que certains pays comme les
Etats-Unis ou le Brésil y voient un moyen de se rapprocher d'une hypothétique
indépendance énergétique, de nombreuses voix s'élèvent contre le « péril
vert ». D'une part, l'essentiel de la production d'agrocarburants provient
d'une agriculture intensive, gourmande en engrais chimiques, pesticides et
autres insecticides. Tout le contraire d'un produit issu de l'agiculture
biologique. De plus, les impacts sociaux et environnementaux sont bien plus
vastes : au Brésil, les petits paysans perdent leurs terres, notamment au
profit des grands industriels des agrocarburants, en Asie du Sud-Est, ce sont
des millions d'hectares de forêts qui sont défrichées pour la culture du
palmier à huile. Enfin, le développement des agrocarburants met en danger la
souveraineté alimentaire de certains pays, où les cultures dédiées aux
agrocarburant risquent de prendre le pas sur celles dédiées à l'alimentation
humaine. Avec le problème suivant : doit-on sacrifier à l'appétit de 800
millions d'automobiles les 3 milliards de personnes pour qui l'agriculture est
avant tout vivrière ? Alors que la population mondiale se situera autour de 9
milliards d'humains en 2050 et que se pose la question de la capacité de la
Terre à nourrir tout le monde, destiner une partie de la production agricole à
l'usage de carburant n'est pas sans poser de questions. Si leur bilan carbone
est moindre que l'or noir, leurs impacts sociaux et environnementaux ne sont
pas idéaux, et c'est un euphémisme. Certains en viennent même à parler de
« nécro-carburants ». On le voit, les agrocarburants ne sont pas LA
solution à la fin programmée du pétrole. Tout au plus peuvent-ils devenir une
composante du futur « mix énergétique » mondial, au même titre que
l'hydraulique, l'éolien ou le solaire.
03 octobre 2007
Une perle : la lettre ouverte d'ORAMA au Président de la République
ORAMA est l'Union qui fédère l'Association Générale des Producteurs de
Blé (AGPB), l'Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) et la
Fédération Française des Producteurs d'Oléagineux et de Protéagineux (FOP),
représentant 325 000 exploitations et 14 millions d'hectares. Début octobre,
durant les négociations du Grenelle de l'Environnement, ce lobby a fait
paraître dans la presse une lettre ouverte au Président de la République, intitulée
: Monsieur le Président, ne
cédez pas aux « marchands de peur » !
Ne boudons notre plaisir, la voici dans son intégralité, avec, dans le
corps du texte et entre parenthèses, les commentaires de Dédé :
« Monsieur le Président, vous nous avez promis une France du
progrès et de l'innovation ainsi que le « maintien d'une agriculture de
premier plan en France et en Europe », projet auquel nous adhérons
totalement.
(=> Dommage qu'elle s'adresse nommément au Président, comme si ORAMA
cherchait à contourner l'opinion publique et à mettre la pression sur le groupe
de réflexion du Grenelle en charge de la question de l'alimentation.)
Pour répondre aux défis d'une agriculture nourricière, durable et
respectueuse de l'environnement, nous sommes convaincus que la France a un
besoin vital des biotechnologies. Elles autorisent le développement d'une
agriculture qui allie performance économique et performance écologique.
(=> Pour ce qui est de la performance économique des
biotechnologies, cela ne fait pas de doute, sinon ce lobby de l'agriculture
intensive ne chercherait pas à les imposer. Mais cette performance économique
profite beaucoup plus aux grands semenciers qu'aux agriculteurs, obligés de
racheter des semences chaque année. En terme de performance écologique par
contre, l'utilisation moindre de pesticides et autres produits chimiques
qu'elle permettent est contrebalancé par des effets néfastes, notamment sur la
biodiversité. Et qu'en est-il des performances nutritives de produits agricoles
standardisés ? Qu'en est-il des performances en termes de santé publique
d'aliments trafiqués, dont on ignore encore les impacts sur l'organisme ?)
Monsieur le Président, nous sommes au coeur du monde agricole français, rassemblés autour d'un objectif commun :
répondre aux besoins du 21ème siècle, c'est à dire produire plus et mieux. Face
à la pression de groupuscules qui ont choisi la violence pour exprimer leurs
idées et à la stratégie de hold-up médiatique développée par ces
« marchands de peur », nous tenons à faire entendre notre voix.
(=> ORAMA est dans son bon droit, si l'on interprète cette lettre
ouverte comme une contribution au débat, une volonté de faire entendre la voix
des grands producteurs agricoles.)
Monsieur le Président, entendez l'avis de l'immense majorité des scientifiques et des
experts, compétents et rigoureux, qu'ils exercent à l'Institut National de la
Recherche Agronomique (INRA(, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des
Aliments (AFSSA), la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) ou l'Autorité
Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Partout dans le monde, ils estiment
qu'à ce jour :
- Les
OGM autorisés ne présentent pas de risques pour la santé humaine. Au contraire, ils améliorent la qualité et
la sûreté des aliments.
- Ces
OGM sont aussi un progrès pour l'environnement. En élargissant les défenses immunitaires de
nos plantes, ils permettent de limiter le recours aux pesticides.
(=> ORAMA semble oublier l'existence d'une multitude d'études tout
aussi sérieuses et beaucoup moins dithyrambiques sur les organismes
génétiquement modifiés. Il ne s'agit pas seulement de savoir si, à ce jour, les OGM peuvent être nocifs pour la santé
humaine et pour l'environnement, mais également d'évaluer ces impact à moyen et
long terme. D'une certaine manière, l'attitude d'ORAMA rappelle celle des
grands industriels du tabac dans les années 60, refusant de reconnaître la
nocivité du tabac. En refusant d'envisager la possibilité du moindre danger
pour la santé humaine, ces agro-industriels s'exposent à des procès futurs pour
manquement à la prudence et mise en danger de la vie d'autrui.)
Monsieur le Président, ne sacrifiez pas l'agriculture française. Tout
« gel » sur les OGM conduirait inéluctablement notre agriculture à
l'isolement, puis à une dépendance technologique et alimentaire des
agriculteurs et des consommateurs français.
(=> Le principe de précaution, que nombre d'industriels considèrent
comme un obstacle et dont OROMA a peur qu'il cause une dépendance technologique et alimentaire, est pourtant bel et bien inscrit dans la
loi. Le « gel » sur les OGM répond à la nécessité d'un principe de
précaution.)
L'avenir agricole et alimentaire de notre pays ne peut se construire
sur des valeurs de régression et de repli sur soi. En Europe, comme partout
dans le monde, la culture des OGM alimente une croissance verte. La France, 3ème puissance agicole
mondiale, doit y prendre une part active.
(=> Parlons du reste du monde, justement. En Amérique du Sud, les
petits producteurs, leurs cultures vivrières et la forêt sont sacrifiés au
profit d'une quasi monoculture de soja OGM. En Inde, des producteurs ont perdu
la totalité de leur récolte d'un coton OGM , qui occasionna un mini-désastre
social et écologique. Où est alors la régression ? N'y a-t-il pas là une
croyance aveugle dans le progrès, qui permettrait à lui seul de répondre aux
enjeux du 21ème siècle, sans que l'on ait besoin de changer notre manière de
produire et de consommer ? Quel progrès voulons-nous pour notre société ?
Instaurer un gel sur les OGM, ce n'est pas un repli sur soi, c'est d'une part
se laisser le temps de mieux connaître les biotechnologies et leurs impacts,
c'est d'autre part rejoindre le mouvement qui, de par le monde, refuse de
prendre au pied de la lettre les allégations enthousiastes des promoteurs des
OGM. Alors certes, il ne s'agit pas d'arrêter toute recherche agronomique, mais
pourquoi tout miser sur les OGM, alors que l'agriculture biologique a fait ses
preuves, qu'elle apporte plus de garanties et moins d'interrogations et qu'elle
pourrait permettre, à elle seule, de répondre aux besoins alimentaires de la
Terre, comme l'a récemment démontré une étude de la FAO ? Stratégiquement,
ORAMA aurait donc intérêt à s'investir plus avant dans la bio, car en
contribuant au développement d'une agriculture saine et de qualité, elle
s'exposerait à moins de risques. Une bonne gestion du risque, n'est-ce pas un
pilier de la bonne gestion d'une entreprise ?)
Monsieur le Président, depuis toujours, la France aura été le Pays des
Lumières et de la résistance à l'obscurantisme. Vous n'avez pas le droit,
aujourd'hui, de tomber dans le piège tendu par les marchands de peur. »
(=> On croit rêver ! Pas sûr que les Montaigne, Rousseau et autres
Montesquieu auraient vu d'un bon oeil ces produits trafiqués, pas sûr qu'ils
aient la même vision du progrès. Et qui
agit le plus dans l'obscurité ? Le lobby qui tente, souvent dans l'ombre, de
changer les décisions politiques, ou les marchands de peur
qui agissent en pleine lumière, médiatique il est vrai, mais qui ont l'intérêt
d'éveiller l'attention et de mettre le débat sur la place publique. Quant au
terme de « marchands de peur », par lequel ORAMA qualifie les José
Bové et autres faucheurs d'OGM, c'est le même qui désignait René Dumont et les
premiers écologistes il y a 30 ans, et l'on sait aujourd'hui qu'ils étaient
plutôt des marchands de vérité. Et doit on opposer le terme de marchands de
peur à celui de marchands de m..., qui pourrait qualifier ORAMA & Co ?
C'est plutôt de ces pseudo-paysans, qu'il faut avoir peur, ceux qui, après
avoir empoisonné les organismes et les sols pendant des années à grand coup de
produits chimiques, voudraient aujourd'hui manipuler en toute légalité les
caractéristiques des plantes et nous faire croire, sans aucun recul, que c'est
bon pour la nature, que ça n'a rien de contre-nature !)
Signé : ORAMA, nos cultures, notre avenir
(Source : Les Echos, 3 octobre 2007 »)
23 septembre 2007
Avec Zébunet, achetez et prêtez un zébu à une famille de Mauritanie, de Madagascar ou du Vietnam
Zébunet est une association de solidarité internationale dont l'idée
est originale : vous pouvez devenir l'heureux propriétaire d'un animal de
première nécessité dans nombre de pays et le céder en location-vente à un
paysan. L'animal apporte à la famille sa production de lait, de fumier ou
encore son aide au travail de la terre. Pendant toute la durée du prêt, vous
êtes propriétaire de l'animal mais une fois que la paysan s'est acquitté de sa
dette, par des remboursements mensuels en monnaie locale, il deviendra à son
tour propriétaire de l'animal. A la fin du remboursement, vous pouvez faire le
choix de renouveler l'opération auprès d'une autre famille ou bien de dépenser
cet argent en devenant touriste solidaire dans le pays. Le prêt est à 12% : 4%
sont pour le souscripteur (vous en l'occurence), 4% sont pour le relais local
et 4% pour l'assurance mutuelle. Cette forme particulière de micro-crédit
permet à la famille concernée de vivre plus décemment tout en gardant sa
dignité. www.zebu.net
11 septembre 2007
L'observatoire des inégalités, une belle base de données
Qui a accès à l'eau potable dans le monde ? Quel est le taux de
réussite scolaire des enfants d'immigrés ? Le testing est-il une méthode
efficace pour lutter contre les discriminations ? Toutes les réponses à ces
questions sont sur le site de l'Observatoire des inégalités. Il fournit de
manière claire des données statistiques et des analyses autour des
discriminations et des inégalités, pour que chaque citoyen ait véritablement
toutes les données en main... Vistiter le site de l'Observatoire des Inégalités
24 juin 2007
Une analyse critique du livre "Les coulisses du commerce équitable" de Christian Jacquiaux. Par Benoît Aubé
Le commerce équitable doit être transparent et donner aux consommateurs une vision claire pour être à la hauteur des changements qu’il réclame. Il est également normal qu’un débat soit ouvert sur les moyens d’être le plus efficace possible pour les producteurs impliqués, et notamment sur les canaux de distribution. Cependant, quel crédit donner à une « enquête » menée par C. Jacquiau, dont le manque d’impartialité laisse penser que le verdict anti Max Havelaar a été écrit à l’avance.
1. Une manipulation des chiffres
Le taux d’intérêt de 12% proposé par les partenaires de Max Havelaar aux producteurs (p.118), est à mettre en rapport avec les taux pratiqués par d’autres acteurs dans le commerce « traditionnel » (taux non mentionnés et sans commune mesure avec celui ci..), mais il n’est également fait mention que du taux nominal et non du taux réel (nominal – inflation). Afin de juger du caractère « exorbitant » de ce taux, il est possible de le comparer avec ceux pratiqués par la Grameen Bank, dont le fondateur vient d’être nommé Prix Nobel de la Paix, et qui fait référence en terme de micro finance. En comparaison avec les 15-20%, et en tenant compte des spécificités de chaque pays, on pourrait en conclure que les taux Max Havelaar ne sont pas si inéquitables que ça, sauf à supposer que le « Pacte avec le diable (Danone)» conclu par la Grameen Bank la fait passer du côté du Mal…
L’évaluation actuelle des monnaies (p.118) n’est pas en soi une indication du coût supportée par les producteurs, cette différence serait significative si les prix M.H avaient été fixés au moment du « dollar fort » et non réévalués depuis. Il est néanmoins aisé de connaître la signification des chiffres et d’en donner une interprétation différente…
Démontrer qu’il faut 49 jours de « travail équitable » (p.261) pour permettre à un paysan de se payer un paquet de café, soit. Cependant, en comptant les 4€ mensuel supplémentaires qu’il a lui même calculés, et 3€ pour un paquet de café, moins d’un mois serait suffisant. Mais surtout, cette analyse fait abstraction des différences de niveau de vie (cf. infra).
Les charges de publicités ne sont pas à considérer comme des charges (p.215) et donc a rapporter aux revenus présents, mais plutôt ici comme des investissements dont profiteront les producteurs dans le futur via la généralisation de l’équitable (principe comptable des amortissements…).
2. Fonctionnement du Commerce Equitable
Certes, le fait que les paysans doivent payer pour être labellisés, un coût que n’ont pas les autres producteurs est une « absurdité » (p.116), et la proposition d’ « inverser la réglementation » est bonne, mais la responsabilité n’est pas à mettre sur le compte de M.H. mais du fonctionnement du commerce traditionnel !
Une des règles de base d’un audit (que devrait connaître l’auteur) est la présence sur le terrain afin de confirmer certaines informations obtenues, on voit ainsi rarement KPMG réaliser une clôture des comptes uniquement depuis ses bureaux de La Défense. Comment parler de ce sujet, et notamment des conditions de vie des paysans… sans même les avoir vues ? Difficile à justifier ! il en découle une méconnaissance des réalités locales, telles que la différence de la valeur de l’argent entre un pays développé et un pays du Tiers Monde.
Pourquoi ignorer la réalité de la différence du coût de la vie entre les pays producteurs et la France? Annoncer que l’augmentation de leur rémunération (4€/ mois) leur permet a peine de se payer un cappuccino (p.162) ne peut avoir pour but que de fausser les repères du lecteur. Il serait ainsi possible de dénoncer le prix de vente du livre de M. Jacquiau comme exubérant car représentant 6 mois de salaire d’un producteur de café, tout comme le salaire d’un commissaire aux comptes lui donnerait les moyens d’un millionnaire dans un pays du Tiers monde.
Pourquoi reprocher à Starbucks ses actions sociales telles que celle menée avec les Restau du Cœur ? Il est reproché d’être « excentrés » « comme la misère qui fait détourner le regard » (p.167), mais il ne font la que s’adapter a la situation actuelle et c’est a notre société qu’il faut reprocher de rejeter ses pauvres. Pourquoi encore reprocher a cette initiative de se faire de manière assez confinée, et dans le même temps critiquer l’excès de communication sur les actions menées ? Belle proposition enfin que de proposer « d’ouvrir les salles des Starbucks à ceux qui ont froid » (p.168), mais devrait on donc demander quiconque faisant un don à une association humanitaire, de plutôt accueillir chez lui les personnes dans la misère… ?
Les Magasins Artisans du Monde ont leur raison d’être dans l’implication militante et dans la recherche de meilleures relations commerciales. Cependant, le mode de fonctionnement, avec des bénévoles, est-il vraiment équitable et durable ? Pas sur. De plus, s’ils constituaient le seul canal de distribution, les volumes seraient bien moindre… réduisant d’autant le nombre de producteurs en profitant.
Enfin, réclamer un commerce équitable Nord-Nord est tout a fait justifié. Cependant, Max Havelaar ayant choisi de se concentrer sur les producteurs du 1/3 Monde, c’est a dire dans une misère extrême, ce n’est pas forcément sur eux qu’il faut se reposer. En revanche, les AMAP (p.446) et autres initiatives de rapprochement entre les paysans de nos régions et les consommateurs dont des exemples à suivre et à développer… notamment en tant que consommateurs.
Jacquiau relève tout d’abord que certains acteurs de l’équitable sont tentés par la grande distribution pour augmenter les débouchés. Il tente de démonter cette argument en citant B. de Boischevallier à propos de producteurs qui n’écoulent pas leur production « […] par manque de marchés … » (p.264), or c’est bien de cela qu’il s’agit, les réseaux « alternatifs » n’offrent pas de débouchés suffisant pour sortir le commerce équitable du confinement.
Dans un long plaidoyer sur le petit paysan que le « Méchant Max » enfermerait dans son statut de « petit producteur équitable » (p.272 ), sans aucun espoir de changer, d’évoluer, voire même bouger un petit doigt, le « gentil Jacquiau » oublie (malgré sa longue enquête sur place….) bien des initiatives qui ont justement pour but de les aider à investir, s’équiper et ainsi retenir sur place un peu plus de valeur ajoutée.
Notre cher auditeur reconverti dans l’équitable dénonce « l’équitable [qui] reste un produit de luxe » (p.306 ), en effet les produits équitables sont plus chers que la moyenne (mais restent moins chers que le « haut de gamme »). Les raisons sont principalement leur qualité et la prime équitable. Le grand écart de Mr Jacquiau est ici impressionnant : après avoir vigoureusement critiqué l’équitable qui n’intègre que le produit et non l’ensemble de la filière (transport, distribution) il s’attaque désormais à son prix élevé. Il ignore donc ici (volontairement ?) que plus d’équité tout au long de la chaîne (ce qui serait souhaitable) réserverait de fait ces produits à une élite.
Puisqu’il s’agit de critiquer à tout prix le « Système Max » ? Mr Jacquiau en vient à critiquer la polyculture (p.385 ) En mode « Jacquiau » ce serait l’aveu que le commerce équitable n’assure pas de revenu suffisant ? Il s’agit pourtant bien d’assurer l’indépendance des producteurs leur permettant par exemple de renforcer leur position de négociation puisque leur survie ne dépend pas uniquement de leur vente de café.
Jacquiau met en avant « l’absence de repères et la prolifération d’entreprises se réclamant du commerce équitable [qui] perturbe la perception » (p.434 ). Il milite donc indirectement en faveur d’un label (M.H., bio équitable ou autres), ou d’une norme permettant de se rattacher à un ensemble de critères. L’hégémonie de MH peut être critiquable en cela qu’il focalise l’attention et peut nuire à la concurrence, il n’empêche qu’il facilite la lisibilité du marché.
3. De l’objectivité de l’auteur…
Comment pourrait on croire à l’objectivité de « l’enquête » quand elle est truffée de traces d’une rancune envers Max telle que « une histoire que l’on raconte depuis des années chez max Havelaar, toujours la même… » (p.262 ).
Peut être conscient de certaines faiblesses dans ses raisonnements, Monsieur Jacques pratique la manipulation des chiffres, annonçant ainsi sans se démonter une baisse du prix payé au producteur de 7 000% (p.18), soit -69€ pour un prix initial de 1€…
Quand il n’y a pas de chiffre à manipuler, la méthode utilisée est la généralisation à partir de l’expression d’une opinion. Annoncer que « Starbucks n’est guère apprécié pour ses méthodes sociales » aux Etats Unis n’est aucunement vrai pour quiconque ayant pu le constater par un séjour prolongé aux USA. De la même façon, l’usage fréquent de l’anonymat permettant de faire dire ce qu’on veut à qui l’on veut… laissant planer des doutes sur la véracité de ces propos.
Le titre devrait s’intituler « Guide pratique de la critique de Max Havelaar », pourquoi dans l’analyse du commerce équitable, ne pas faire une analyse également détaillée des pratiques des autres acteurs, par ailleurs cités comme « sources sures » ? (Le bio équitable n’impose par exemple que 25% d’équitable minimum contre 50% pour Max Havelaar…).
L’utilisation de source variées enrichit forcément un ouvrage, cependant, peut-on considérer que tout source a la même valeur ? comment considérer par exemple un mémoire de maîtrise d’IUP, il peut être valable, il peut aussi manquer en apparence de solidité.
Le lecteur ne pourra montrer sa surprise, la page de couverture n’annonce-t-elle pas elle même son contenu : « mensonges et vérités sur un petit business qui monte ». Et on y retrouve en effet quelques réflexions intéressantes, noyées au milieu de mensonges, médisances et manipulations. Dommage donc qu’au lieu de mener une analyse sérieuse du secteur, porteuse d’améliorations, on doive se contenter de ce qui ressemble plus à la vengeance d’un homme piqué au vif (se serait il fait éconduire par Max lors d’une demande de collaboration… ?)
25 avril 2007
Football : premier match écocitoyen à Toulouse
Le monde du sport commence à s'intéresser au développement durable. Après que le Comité National Olympique et Sportif Français ait lancé "l'Agenda 21 du Sport", le club de football de Toulouse organisait le premier match de foot écocitoyen, le 14 avril dernier.
Nous avons interviewé Caroline Bapt, responsable de la communication du Toulouse Football Club (TFC)
Il est ou Dédé : Lors de la rencontre Toulouse - Auxerre du samedi 14 avril, le téfécé organisait samedi le premier match écocitoyen. En quoi cela a-t-il consisté ?
Caroline Bapt : Deux heures avant la rencontre, les enfants étaient invités à participer à des ateliers d'expérimentation, des jeux qui les sensibilisaient à la protection de l'environnement au travers de différentes thématiques : maîtrise de l'énergie, économie d'eau, déchets, transports...
Des animateurs spécialisés de différentes associations écocitoyennes ont ainsi éduqué les enfants.
Ces jeunes supporters pouvaient, au travers de ces animations, répondre à un questionnaire qui leur permettait d'obtenir leur diplôme d'écocitoyen et des cadeaux TFC.
Le TFC a soutenu cette action en fixant le prix de la rencontre à 5€ pour les enfants
IEOD : Que vous ont apporté les partenaires de ce projet (ADEME, Les Petits Débrouillards, ...) ?
C.B : Le savoir faire et l'expérience des associations Les Petits Débrouillards, Planète Sciences et Horizons ainsi que l'ADEME ont permis que l'impact sur les enfants soit réel et ciblé.
IEOD : Les Jeunes Citoyens Supporters sont-ils parties prenantes dans ce projet ?
C.B : Les Jeunes Citoyens Supporters du TFC poursuivront ce travail avec une thématique la saison prochaine sur l'écocitoyenneté.
IEOD : Quels ont été les résultats de cette journée d'animation ?
C.B : La forte affluence et le sourire des enfants nous font dire que cette animation a eu une valeur ajoutée en terme d'animations au stade.
IEOD : La sensibilisation du public à l'éco-citoyenneté fait-elle donc partie des missions d'un club de football ?
C.B : Le TFC essaie de mettre en place certains réflexes chez les supporters en mettant à disposition autour du stade, les soirs de match, des bacs bleus de recyclage du plaqstique pour les bouteilles vides.
Personnel, joueurs et enfants du centre de formation quant à eux ont déjà pris l'habitude...
IEOD : Ce match éco-citoyen s'inscrit-il dans la politique du Toulouse Football Club en faveur d'un club familial et citoyen. D'autres actions comme celle-ci vont-elles voir le jour ?
C.B : La saison prochaine, le TFC va proposer cette fois-ci aux adultes des solutions pour protéger la planète mais gardons un peu de surprise pour la saison prochaine...
Propos recueillis par Tibo
05 avril 2007
Les bons plans du DD
La CCI de Montpellier, l'une des plus anciennement impliquée dans le développement durable, propose en vidéo une présentation entreprises innovantes sur les thématiques du DD en Languedoc-Roussilon. Des exemples concrets, variés, parfois surprenants... Le développement durable n'est pas l'apanage des grandes entreprises, tout comme il n'est pas celui de l'entreprise. C'est devenu une banalité de le dire (mais peut-être est-ce mieux comme ça) : on est tous concernés par le DD !
Economiser l'eau
L'exemple de deux entreprises qui recyclent leurs eaux usées.
Acteurs : Soprodis, MPB
Entreprise et soidarité
De l'intérêt pour l'entreprise de mener une politique sociale volontariste et juste...
Acteurs : Le Brice, Face Herault, IOCEAN
Bâtiment et environnement
Un hotel qui s'équipe en solaire thermique, une entreprise qui mise sur l'efficacité énergétique de ses locaux. Au final des économie d'énergie et une clientèle plus satisfaite !
Acteurs : Hotel de la Paix, ILO
Valorisation des déchets
Quand l'Agglomération de Montpellier, la Chambre de Commerce et d'Industrie et les commerçants de la ville s'associent pour la collecte des déchets, le résultat est visible.
Acteurs : Balsalobre Sud Recyclage, Le Captiva, Agglo de Montpellier, CCI de Montpellier
Déplacements et transports
De nouveaux modes de déplacement, de nouvelles manières d''utiliser la voiture, un système original de livraison en centre-ville... C'est donc ça les modes de déplacement doux !
Acteurs : On avance, Modulauto, Transports Ecologiques du Midi
Entreprise et territoire
Une entreprise qui délocalise...euh qui relocalise sur un territoire rural ! Et oui, ça existe !
Acteurs : LCH, PROSP+
Synergies entre entreprises
Mutualiser certaines activités, travailler sur des projets communs, partager pour plus de complémentarités... Les synergies sont multiples entres entreprises.
Acteurs : La table de Cana, Les petits chaperons rouges, Sanofi-Aventis
Eco-concevoir ses produits
Eco-concevoir un produit, c'est réfléchir, dès sa conception, aux moyens de limiter ses impacts sur l'environnement, que ce soit au cours de sa fabrication, de sa vie ou lors de son élimination. Quelques exemple d'éco-conceptions...
Acteurs : Atelier d'Outremer, Bio UV
31 mars 2007
Le Livret vert de la Commission européenne : bientôt une fiscalité destinée à protéger l’environnement ?
Le Livret vert de la Commission européenne : bientôt une fiscalité destinée à protéger l’environnement ?
La Commission européenne a présenté sa réflexion sur une fiscalité verte destinée à la lutte contre le changement climatique. Les commissaires Stavros Dimas et Laszlo Kovacs, chargés respectivement de l’environnement et de la fiscalité, ont dévoilé leurs propositions en expliquant que la fiscalité est le meilleur moyen d’atteindre les objectifs que s’est donnés l’Union Européenne en termes de réduction de sa consommation énergétique, condition sine qua non pour une diminution des émissions de gaz à effet de serre.
Cette fiscalité avantagerait les entreprises économes en énergie mais mettra sûrement du temps à se mettre en place puisque dans le domaine fiscal, l’unanimité est indispensable pour qu’une décision prenne effet au niveau européen. La fiscalité verte pourrait avoir un impact fort sur la consommation d’énergie, les conséquences du transport sur notre environnement, l’eau, les déchets, la sauvegarde de la biodiversité et la réduction de la pollution atmosphérique.
Les Echos, jeudi 29 mars 2007

