Il est où DéDé ?

21 mai 2008

Un site de ressources pédagogiques sur le commerce équitable

L'association de promotion de commerce équitable Equi'Sol met en ligne un site de ressources pédagogiques spécialisé sur le commerce équitable. L'ensemble des outils pédagogiques mis à disposition sur le site contribue au travail des enseignants et des animateurs pour sensibiliser et informer leurs publics aux enjeux du commerce équitable.

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19 mai 2008

OGM : vote de loi cette semaine

Plus de 40 000 personnes ont signé la pétition de la revue L'Ecologiste et de l'association OGM dangers pour demander l'interdiction des OGM, contribuant ainsi au rejet du projet de loi sur les OGM en seconde lecture à l'Assemblée nationale le 13 mai.

Le même projet de loi sera présenté mardi 20 mai devant les députés et jeudi 22 mai devant les sénateurs.

Rappelons que ce projet de loi autorise les plantes et les animaux transgéniques, contrairement à ce que souhaitent l'immense majorité des Français selon les sondages unanimes depuis dix ans.

La revue L'Ecologiste et l'association OGM dangers font donc appel à la conscience de tous les parlementaires afin qu'ils confirment le rejet de ce projet de loi.

Nous demandons au secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian de voter à l'Assemblée nationale l'interdiction des OGM dans les champs, en cohérence avec l'interdiction des OGM dans les assiettes des cantines qu'il vient de faire adopter en tant que président du Conseil général des Hauts de Seine.

Clickez ici pour signer la pétition !

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10 novembre 2007

Des prévisions de croissance soutenue pour le commerce équitable

Le groupe Xerfi vient de publier une étude, après plusieurs semaines d'enquêtes et d'analyse, sous le titre "Le commerce équitable en France". En 2007, près des deux tiers des Français ont déjà acheté au moins une fois un produit équitable. Et les perspectives sont très favorables pour les années à venir. Le marché s'appuie, en effet, sur une tendance porteuse, le développement de la consommation engagée. Les Français deviennent "Consomm'acteurs", et sont soucieux et conscients de la portée de leurs modes de consommation sur la situation économique, sociale et environnementale de la population mondiale. La consommation engagée recouvre les produits issus de l'agriculture biologique ou raisonnée, des produits équitables provenant de sociétés qui respectent les principes de la Responsabilité Sociale des Entreprises. Le commerce équitable est davantage le fait des catégories sociales élevées. Les femmes sont également plus impliquées. Un effet de rattrapage est toutefois perceptible, gommant peu à peu les clivages culturels et générationnels entre les consommateurs. Aujourd'hui, plus de 80 % des Français ont déjà entendu parler du commerce équitable, contre moins de 10 % en 2000. La France se place donc désormais dans le trio de tête des pays distribuant les produits Max Havelaar. Les ventes se sont établies au niveau record de 166 millions d'euros en 2006, en hausse de près de 40 % sur un an. Cet environnement favorable profite aux filières historiques du mouvement, en particulier l'épicerie sucrée, mais également à de nouveaux segments qui ont pris leur essor, comme le textile à base de coton équitable et les cosmétiques.

Source : Xerfi

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29 octobre 2007

Une nouvelle énergie renouvelable

L'énergie osmotique est une nouvelle forme d'énergie propre que la Norvège s'apprête à développer. Sur les rives du fjord d'Oslo, le groupe industriel Statkraft est en train de construire la première centrale à eau de mer du monde. Sans émission de CO2, l'énegie osmotique exploite la différence de concentration entre l'eau douce et l'eau salée dans un processus parfaitement naturel, puisqu'il se produit partout où des rivières se jettent dans la mer.

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17 octobre 2007

Les agrocarburants ne sont pas bio

Ca y est ! On commence enfin à changer de vocable. Suite aux parutions récentes de livres critiques sur « l'or vert », et suite aux polémiques qui ont suivi, remettant en cause le bien-fondé de l'intérêt croissant porté aux agrocarburants, le mot « biocaburant » commence à être remplacé par « agrocarburant ». A juste titre, car ces agrocarburants n'ont rien de bio (ou si peu). Alors que certains pays comme les Etats-Unis ou le Brésil y voient un moyen de se rapprocher d'une hypothétique indépendance énergétique, de nombreuses voix s'élèvent contre le « péril vert ». D'une part, l'essentiel de la production d'agrocarburants provient d'une agriculture intensive, gourmande en engrais chimiques, pesticides et autres insecticides. Tout le contraire d'un produit issu de l'agiculture biologique. De plus, les impacts sociaux et environnementaux sont bien plus vastes : au Brésil, les petits paysans perdent leurs terres, notamment au profit des grands industriels des agrocarburants, en Asie du Sud-Est, ce sont des millions d'hectares de forêts qui sont défrichées pour la culture du palmier à huile. Enfin, le développement des agrocarburants met en danger la souveraineté alimentaire de certains pays, où les cultures dédiées aux agrocarburant risquent de prendre le pas sur celles dédiées à l'alimentation humaine. Avec le problème suivant : doit-on sacrifier à l'appétit de 800 millions d'automobiles les 3 milliards de personnes pour qui l'agriculture est avant tout vivrière ? Alors que la population mondiale se situera autour de 9 milliards d'humains en 2050 et que se pose la question de la capacité de la Terre à nourrir tout le monde, destiner une partie de la production agricole à l'usage de carburant n'est pas sans poser de questions. Si leur bilan carbone est moindre que l'or noir, leurs impacts sociaux et environnementaux ne sont pas idéaux, et c'est un euphémisme. Certains en viennent même à parler de « nécro-carburants ». On le voit, les agrocarburants ne sont pas LA solution à la fin programmée du pétrole. Tout au plus peuvent-ils devenir une composante du futur « mix énergétique » mondial, au même titre que l'hydraulique, l'éolien ou le solaire.

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03 octobre 2007

Une perle : la lettre ouverte d'ORAMA au Président de la République

ORAMA est l'Union qui fédère l'Association Générale des Producteurs de Blé (AGPB), l'Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) et la Fédération Française des Producteurs d'Oléagineux et de Protéagineux (FOP), représentant 325 000 exploitations et 14 millions d'hectares. Début octobre, durant les négociations du Grenelle de l'Environnement, ce lobby a fait paraître dans la presse une lettre ouverte au Président de la République, intitulée : Monsieur le Président, ne cédez pas aux « marchands de peur » !

Ne boudons notre plaisir, la voici dans son intégralité, avec, dans le corps du texte et entre parenthèses, les commentaires de Dédé :

« Monsieur le Président, vous nous avez promis une France du progrès et de l'innovation ainsi que le « maintien d'une agriculture de premier plan en France et en Europe », projet auquel nous adhérons totalement.

(=> Dommage qu'elle s'adresse nommément au Président, comme si ORAMA cherchait à contourner l'opinion publique et à mettre la pression sur le groupe de réflexion du Grenelle en charge de la question de l'alimentation.)

Pour répondre aux défis d'une agriculture nourricière, durable et respectueuse de l'environnement, nous sommes convaincus que la France a un besoin vital des biotechnologies. Elles autorisent le développement d'une agriculture qui allie performance économique et performance écologique.

(=> Pour ce qui est de la performance économique des biotechnologies, cela ne fait pas de doute, sinon ce lobby de l'agriculture intensive ne chercherait pas à les imposer. Mais cette performance économique profite beaucoup plus aux grands semenciers qu'aux agriculteurs, obligés de racheter des semences chaque année. En terme de performance écologique par contre, l'utilisation moindre de pesticides et autres produits chimiques qu'elle permettent est contrebalancé par des effets néfastes, notamment sur la biodiversité. Et qu'en est-il des performances nutritives de produits agricoles standardisés ? Qu'en est-il des performances en termes de santé publique d'aliments trafiqués, dont on ignore encore les impacts sur l'organisme ?)

Monsieur le Président, nous sommes au coeur du monde agricole français, rassemblés autour d'un objectif commun : répondre aux besoins du 21ème siècle, c'est à dire produire plus et mieux. Face à la pression de groupuscules qui ont choisi la violence pour exprimer leurs idées et à la stratégie de hold-up médiatique développée par ces « marchands de peur », nous tenons à faire entendre notre voix.

(=> ORAMA est dans son bon droit, si l'on interprète cette lettre ouverte comme une contribution au débat, une volonté de faire entendre la voix des grands producteurs agricoles.)

Monsieur le Président, entendez l'avis de l'immense majorité des scientifiques et des experts, compétents et rigoureux, qu'ils exercent à l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA(, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) ou l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Partout dans le monde, ils estiment qu'à ce jour :

- Les OGM autorisés ne présentent pas de risques pour la santé humaine. Au contraire, ils améliorent la qualité et la sûreté des aliments.

- Ces OGM sont aussi un progrès pour l'environnement. En élargissant les défenses immunitaires de nos plantes, ils permettent de limiter le recours aux pesticides.

(=> ORAMA semble oublier l'existence d'une multitude d'études tout aussi sérieuses et beaucoup moins dithyrambiques sur les organismes génétiquement modifiés. Il ne s'agit pas seulement de savoir si, à ce jour, les OGM peuvent être nocifs pour la santé humaine et pour l'environnement, mais également d'évaluer ces impact à moyen et long terme. D'une certaine manière, l'attitude d'ORAMA rappelle celle des grands industriels du tabac dans les années 60, refusant de reconnaître la nocivité du tabac. En refusant d'envisager la possibilité du moindre danger pour la santé humaine, ces agro-industriels s'exposent à des procès futurs pour manquement à la prudence et mise en danger de la vie d'autrui.)

Monsieur le Président, ne sacrifiez pas l'agriculture française. Tout « gel » sur les OGM conduirait inéluctablement notre agriculture à l'isolement, puis à une dépendance technologique et alimentaire des agriculteurs et des consommateurs français.

(=> Le principe de précaution, que nombre d'industriels considèrent comme un obstacle et dont OROMA a peur qu'il cause une dépendance technologique et alimentaire, est pourtant bel et bien inscrit dans la loi. Le « gel » sur les OGM répond à la nécessité d'un principe de précaution.)

L'avenir agricole et alimentaire de notre pays ne peut se construire sur des valeurs de régression et de repli sur soi. En Europe, comme partout dans le monde, la culture des OGM alimente une croissance verte. La France, 3ème puissance agicole mondiale, doit y prendre une part active.

(=> Parlons du reste du monde, justement. En Amérique du Sud, les petits producteurs, leurs cultures vivrières et la forêt sont sacrifiés au profit d'une quasi monoculture de soja OGM. En Inde, des producteurs ont perdu la totalité de leur récolte d'un coton OGM , qui occasionna un mini-désastre social et écologique. Où est alors la régression ? N'y a-t-il pas là une croyance aveugle dans le progrès, qui permettrait à lui seul de répondre aux enjeux du 21ème siècle, sans que l'on ait besoin de changer notre manière de produire et de consommer ? Quel progrès voulons-nous pour notre société ? Instaurer un gel sur les OGM, ce n'est pas un repli sur soi, c'est d'une part se laisser le temps de mieux connaître les biotechnologies et leurs impacts, c'est d'autre part rejoindre le mouvement qui, de par le monde, refuse de prendre au pied de la lettre les allégations enthousiastes des promoteurs des OGM. Alors certes, il ne s'agit pas d'arrêter toute recherche agronomique, mais pourquoi tout miser sur les OGM, alors que l'agriculture biologique a fait ses preuves, qu'elle apporte plus de garanties et moins d'interrogations et qu'elle pourrait permettre, à elle seule, de répondre aux besoins alimentaires de la Terre, comme l'a récemment démontré une étude de la FAO ? Stratégiquement, ORAMA aurait donc intérêt à s'investir plus avant dans la bio, car en contribuant au développement d'une agriculture saine et de qualité, elle s'exposerait à moins de risques. Une bonne gestion du risque, n'est-ce pas un pilier de la bonne gestion d'une entreprise ?)

Monsieur le Président, depuis toujours, la France aura été le Pays des Lumières et de la résistance à l'obscurantisme. Vous n'avez pas le droit, aujourd'hui, de tomber dans le piège tendu par les marchands de peur. »

(=> On croit rêver ! Pas sûr que les Montaigne, Rousseau et autres Montesquieu auraient vu d'un bon oeil ces produits trafiqués, pas sûr qu'ils aient la même vision du progrès. Et qui agit le plus dans l'obscurité ? Le lobby qui tente, souvent dans l'ombre, de changer les décisions politiques, ou les marchands de peur qui agissent en pleine lumière, médiatique il est vrai, mais qui ont l'intérêt d'éveiller l'attention et de mettre le débat sur la place publique. Quant au terme de « marchands de peur », par lequel ORAMA qualifie les José Bové et autres faucheurs d'OGM, c'est le même qui désignait René Dumont et les premiers écologistes il y a 30 ans, et l'on sait aujourd'hui qu'ils étaient plutôt des marchands de vérité. Et doit on opposer le terme de marchands de peur à celui de marchands de m..., qui pourrait qualifier ORAMA & Co ? C'est plutôt de ces pseudo-paysans, qu'il faut avoir peur, ceux qui, après avoir empoisonné les organismes et les sols pendant des années à grand coup de produits chimiques, voudraient aujourd'hui manipuler en toute légalité les caractéristiques des plantes et nous faire croire, sans aucun recul, que c'est bon pour la nature, que ça n'a rien de contre-nature !)

Signé : ORAMA, nos cultures, notre avenir

(Source : Les Echos, 3 octobre 2007 »)

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23 septembre 2007

Avec Zébunet, achetez et prêtez un zébu à une famille de Mauritanie, de Madagascar ou du Vietnam

Zébunet est une association de solidarité internationale dont l'idée est originale : vous pouvez devenir l'heureux propriétaire d'un animal de première nécessité dans nombre de pays et le céder en location-vente à un paysan. L'animal apporte à la famille sa production de lait, de fumier ou encore son aide au travail de la terre. Pendant toute la durée du prêt, vous êtes propriétaire de l'animal mais une fois que la paysan s'est acquitté de sa dette, par des remboursements mensuels en monnaie locale, il deviendra à son tour propriétaire de l'animal. A la fin du remboursement, vous pouvez faire le choix de renouveler l'opération auprès d'une autre famille ou bien de dépenser cet argent en devenant touriste solidaire dans le pays. Le prêt est à 12% : 4% sont pour le souscripteur (vous en l'occurence), 4% sont pour le relais local et 4% pour l'assurance mutuelle. Cette forme particulière de micro-crédit permet à la famille concernée de vivre plus décemment tout en gardant sa dignité. www.zebu.net 

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11 septembre 2007

L'observatoire des inégalités, une belle base de données

Qui a accès à l'eau potable dans le monde ? Quel est le taux de réussite scolaire des enfants d'immigrés ? Le testing est-il une méthode efficace pour lutter contre les discriminations ? Toutes les réponses à ces questions sont sur le site de l'Observatoire des inégalités. Il fournit de manière claire des données statistiques et des analyses autour des discriminations et des inégalités, pour que chaque citoyen ait véritablement toutes les données en main...  Vistiter le site de l'Observatoire des Inégalités

 

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24 juin 2007

Une analyse critique du livre "Les coulisses du commerce équitable" de Christian Jacquiaux. Par Benoît Aubé

Le commerce équitable doit être transparent et donner aux consommateurs une vision claire pour être à la hauteur des changements qu’il réclame. Il est également normal qu’un débat soit ouvert sur les moyens d’être le plus efficace possible pour les producteurs impliqués, et notamment sur les canaux de distribution. Cependant, quel crédit donner à une « enquête » menée par C. Jacquiau, dont le manque d’impartialité laisse penser que le verdict anti Max Havelaar a été écrit à l’avance.

1. Une manipulation des chiffres

Le taux d’intérêt de 12% proposé par les partenaires de Max Havelaar aux producteurs (p.118), est à mettre en rapport avec les taux pratiqués par d’autres acteurs dans le commerce « traditionnel » (taux non mentionnés et sans commune mesure avec celui ci..), mais il n’est également fait mention que du taux nominal et non du taux réel (nominal – inflation). Afin de juger du caractère « exorbitant » de ce taux, il est possible de le comparer avec ceux pratiqués par la Grameen Bank, dont le fondateur vient d’être nommé Prix Nobel de la Paix, et qui fait référence en terme de micro finance. En comparaison avec les 15-20%, et en tenant compte des spécificités de chaque pays, on pourrait en conclure que les taux Max Havelaar ne sont pas si inéquitables que ça, sauf à supposer que le « Pacte avec le diable (Danone)» conclu par la Grameen Bank la fait passer du côté du Mal…

L’évaluation actuelle des monnaies (p.118) n’est pas en soi une indication du coût supportée par les producteurs, cette différence serait significative si les prix M.H avaient été fixés au moment du « dollar fort » et non réévalués depuis. Il est néanmoins aisé de connaître la signification des chiffres et d’en donner une interprétation différente…

Démontrer qu’il faut 49 jours de « travail équitable »  (p.261) pour permettre à un paysan de se payer un paquet de café, soit. Cependant, en comptant les 4€ mensuel supplémentaires qu’il a lui même calculés, et 3€ pour un paquet de café, moins d’un mois serait suffisant. Mais surtout, cette analyse fait abstraction des différences de niveau de vie (cf. infra).

Les charges de publicités ne sont pas à considérer comme des charges (p.215) et donc a rapporter aux revenus présents, mais plutôt ici comme des investissements dont profiteront les producteurs dans le futur via la généralisation de l’équitable (principe comptable des amortissements…).

2. Fonctionnement du Commerce Equitable

Certes, le fait que les paysans doivent payer pour être labellisés, un coût que n’ont pas les autres producteurs est une « absurdité » (p.116), et la proposition d’ « inverser la réglementation » est bonne, mais la responsabilité n’est pas à mettre sur le compte de M.H. mais du fonctionnement du commerce traditionnel !

Une des règles de base d’un audit (que devrait connaître l’auteur) est la présence sur le terrain afin de confirmer certaines informations obtenues, on voit ainsi rarement KPMG réaliser une clôture des comptes uniquement depuis ses bureaux de La Défense. Comment parler de ce sujet, et notamment des conditions de vie des paysans… sans même les avoir vues ? Difficile à justifier ! il en découle une méconnaissance des réalités locales, telles que la différence de la valeur de l’argent entre un pays développé et un pays du Tiers Monde.

Pourquoi ignorer la réalité de la différence du coût de la vie entre les pays producteurs et la France?  Annoncer que l’augmentation de leur rémunération (4€/ mois) leur permet a peine de se payer un cappuccino (p.162) ne peut avoir pour but que de fausser les repères du lecteur. Il serait ainsi possible de dénoncer le prix de vente du livre de M. Jacquiau comme exubérant car représentant 6 mois de salaire d’un producteur de café, tout comme le salaire d’un commissaire aux comptes lui donnerait les moyens d’un millionnaire dans un pays du Tiers monde.

Pourquoi reprocher à Starbucks ses actions sociales telles que celle menée avec les Restau du Cœur ? Il est reproché d’être « excentrés » « comme la misère qui fait détourner le regard » (p.167), mais il ne font la que s’adapter a la situation actuelle et c’est a notre société qu’il faut reprocher de rejeter ses pauvres. Pourquoi encore reprocher a cette initiative de se faire de manière assez confinée, et dans le même temps critiquer l’excès de communication sur les actions menées ? Belle proposition enfin que de proposer « d’ouvrir les salles des Starbucks à ceux qui ont froid » (p.168), mais devrait on donc demander quiconque faisant un don à une association humanitaire, de plutôt accueillir chez lui les personnes dans la misère… ?

Les Magasins Artisans du Monde ont leur raison d’être dans l’implication militante et dans la recherche de meilleures relations commerciales. Cependant, le mode de fonctionnement, avec des bénévoles, est-il vraiment équitable et durable ? Pas sur. De plus, s’ils constituaient le seul canal de distribution, les volumes seraient bien moindre… réduisant d’autant le nombre de producteurs en profitant.

Enfin, réclamer un commerce équitable Nord-Nord est tout a fait justifié. Cependant, Max Havelaar ayant choisi de se concentrer sur les producteurs du 1/3 Monde, c’est a dire dans une misère extrême, ce n’est pas forcément sur eux qu’il faut se reposer. En revanche, les AMAP (p.446) et autres initiatives de rapprochement entre les paysans de nos régions et les consommateurs dont des exemples à suivre et à développer… notamment en tant que consommateurs.

Jacquiau relève tout d’abord que certains acteurs de l’équitable sont tentés par la grande distribution pour augmenter les débouchés. Il tente de démonter cette argument en citant B. de Boischevallier à propos de producteurs qui n’écoulent pas leur production « […] par manque de marchés … » (p.264), or c’est bien de cela qu’il s’agit, les réseaux « alternatifs » n’offrent pas de débouchés suffisant pour sortir le commerce équitable du confinement.

Dans un long plaidoyer sur le petit paysan que le « Méchant Max » enfermerait dans son statut de « petit producteur équitable » (p.272 ), sans aucun espoir de changer, d’évoluer, voire même bouger un petit doigt, le « gentil Jacquiau » oublie (malgré sa longue enquête sur place….) bien des initiatives qui ont justement pour but de les aider à investir, s’équiper et ainsi retenir sur place un peu plus de valeur ajoutée.

Notre cher auditeur reconverti dans l’équitable dénonce « l’équitable [qui] reste un produit de luxe » (p.306 ), en effet les produits équitables sont plus chers que la moyenne (mais restent moins chers que le « haut de gamme »). Les raisons sont principalement leur qualité et la prime équitable. Le grand écart de Mr Jacquiau est ici impressionnant : après avoir vigoureusement critiqué l’équitable qui n’intègre que le produit et non l’ensemble de la filière (transport, distribution) il s’attaque désormais à son prix élevé. Il ignore donc ici (volontairement ?) que plus d’équité tout au long de la chaîne (ce qui serait souhaitable) réserverait de fait ces produits à une élite.

Puisqu’il s’agit de critiquer à tout prix le « Système Max » ? Mr Jacquiau en vient à critiquer la polyculture (p.385 ) En mode « Jacquiau » ce serait l’aveu que le commerce équitable n’assure pas de revenu suffisant ? Il s’agit pourtant bien d’assurer l’indépendance des producteurs leur permettant par exemple de renforcer leur position de négociation puisque leur survie ne dépend pas uniquement de leur vente de café.

Jacquiau met en avant « l’absence de repères et la prolifération d’entreprises se réclamant du commerce équitable [qui] perturbe la perception » (p.434 ). Il milite donc indirectement en faveur d’un label (M.H., bio équitable ou autres), ou d’une norme permettant de se rattacher à un ensemble de critères. L’hégémonie de MH peut être critiquable en cela qu’il focalise l’attention et peut nuire à la concurrence, il n’empêche qu’il facilite la lisibilité du marché.

3. De l’objectivité de l’auteur…

Comment pourrait on croire à l’objectivité de « l’enquête » quand elle est truffée de traces d’une rancune envers Max telle que « une histoire que l’on raconte depuis des années chez max Havelaar, toujours la même… » (p.262 ).

Peut être conscient de certaines faiblesses dans ses raisonnements, Monsieur Jacques pratique la manipulation des chiffres, annonçant ainsi sans se démonter une baisse du prix payé au producteur de 7 000% (p.18), soit -69€ pour un prix initial de 1€…

Quand il n’y a pas de chiffre à manipuler, la méthode utilisée est la généralisation à partir de l’expression d’une opinion. Annoncer que « Starbucks n’est guère apprécié pour ses méthodes sociales » aux Etats Unis n’est aucunement vrai pour quiconque ayant pu le constater par un séjour prolongé aux USA. De la même façon, l’usage fréquent de l’anonymat permettant de faire dire ce qu’on veut à qui l’on veut… laissant planer des doutes sur la véracité de ces propos.

Le titre devrait s’intituler « Guide pratique de la critique de Max Havelaar », pourquoi dans l’analyse du commerce équitable, ne pas faire une analyse également détaillée des pratiques des autres acteurs, par ailleurs cités comme « sources sures » ? (Le bio équitable n’impose par exemple que 25% d’équitable minimum contre 50% pour Max Havelaar…).

L’utilisation de source variées enrichit forcément un ouvrage, cependant, peut-on considérer que tout source a la même valeur ? comment considérer par exemple un mémoire de maîtrise d’IUP, il peut être valable, il peut aussi manquer en apparence de solidité.

Le lecteur ne pourra montrer sa surprise, la page de couverture n’annonce-t-elle pas elle même son contenu : « mensonges et vérités sur un petit business qui monte ». Et on y retrouve en effet quelques réflexions intéressantes, noyées au milieu de mensonges, médisances et manipulations. Dommage donc qu’au lieu de mener une analyse sérieuse du secteur, porteuse d’améliorations, on doive se contenter de ce qui ressemble plus à la vengeance d’un homme piqué au vif (se serait il fait éconduire par Max lors d’une demande de collaboration… ?)

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25 avril 2007

Football : premier match écocitoyen à Toulouse

Le monde du sport commence à s'intéresser au développement durable. Après que le Comité National Olympique et Sportif Français ait lancé "l'Agenda 21 du Sport", le club de football de Toulouse organisait le premier match de foot écocitoyen, le 14 avril dernier.
Nous avons interviewé Caroline Bapt, responsable de la communication du Toulouse Football Club (TFC)

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Il est ou Dédé : Lors de la rencontre Toulouse - Auxerre du samedi 14 avril, le téfécé organisait samedi le premier match écocitoyen. En quoi cela a-t-il consisté ? 

Caroline Bapt : Deux heures avant la rencontre, les enfants étaient invités à participer à des ateliers d'expérimentation, des jeux qui les sensibilisaient à la protection de l'environnement au travers de différentes thématiques : maîtrise de l'énergie, économie d'eau, déchets, transports...

Des animateurs spécialisés de différentes associations écocitoyennes ont ainsi éduqué les enfants.

Ces jeunes supporters pouvaient, au travers de ces animations, répondre à un questionnaire qui leur permettait d'obtenir leur diplôme d'écocitoyen et des cadeaux TFC.

Le TFC a soutenu cette action en fixant le prix de la rencontre à 5€ pour les enfants

 

IEOD : Que vous ont apporté les partenaires de ce projet (ADEME, Les Petits Débrouillards, ...) ?

C.B : Le savoir faire et l'expérience des associations Les Petits Débrouillards, Planète Sciences et Horizons ainsi que l'ADEME ont permis que l'impact sur les enfants soit réel et ciblé.

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IEOD : Les Jeunes Citoyens Supporters sont-ils parties prenantes dans ce projet ?

C.B : Les Jeunes Citoyens Supporters du TFC poursuivront ce travail avec une thématique la saison prochaine sur l'écocitoyenneté.

 

IEOD : Quels ont été les résultats de cette journée d'animation ?

C.B : La forte affluence et le sourire des enfants nous font dire que cette animation a eu une valeur ajoutée en terme d'animations au stade.

 

IEOD : La sensibilisation du public à l'éco-citoyenneté fait-elle donc partie des missions d'un club de football ?

C.B : Le TFC essaie de mettre en place certains réflexes chez les supporters en mettant à disposition autour du stade, les soirs de match, des bacs bleus de recyclage du plaqstique pour les bouteilles vides.

Personnel, joueurs et enfants du centre de formation quant à eux ont déjà pris l'habitude...

 

IEOD : Ce match éco-citoyen s'inscrit-il dans la politique du Toulouse Football Club en faveur d'un club familial et citoyen. D'autres actions comme celle-ci vont-elles voir le jour ?  

C.B : La saison prochaine, le TFC va proposer cette fois-ci aux adultes des solutions pour protéger la planète mais gardons un peu de surprise pour la saison prochaine...

Propos recueillis par Tibo

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